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L'Organisme
Vers 1600, sous Henri IV, il y avait déjà à Amiens des "Consuls de Ville" (Compagnie Consulaire), chargés de gérer la situation économique locale. Plus tard, on trouve la trace d'une séance qui se tint à l'Hôtel de Ville d'Amiens le 16 janvier 1671, réunissant des "maîtres de métiers travaillant pour les manufactures et pour des marchands en rapport avec celles-ci", en présence de l'envoyé commis par Colbert. On apprend aussi que, dès 1727, des "Assemblées générales du commerce" avaient coutume de se tenir tous les mois de janvier à Abbeville, Amiens et Saint-Quentin ... C'est en 1727 que la ville d'Amiens présenta sa première demande de création de Chambre de Commerce. Le texte comportait un argument de taille : les frais afférents à cette création seraient pris en charge par "tous les corps de marchands et fabricants du département", ainsi que par "les bourgs et villages où il se trouve des manufactures établies" : bel exemple de premier partenariat avec les collectivités locales ..... mais lors d'une assemblée tenue peu après, les commerçants et industriels s'y opposèrent ! Allait-on mettre tout le monde d'accord ? L'intendant Chauvelin eut l'idée d'attirer l'attention du Roi en faisant accorder une autre demande, celle d'armer six vaisseaux pour l'exportation à Saint-Valéry. Amiens était alors l'une des villes de France qui travaillait le plus avec l'étranger. Avec cette autorisation, donnée le 16 janvier 1746, c'était du même coup la justification de la notoriété économique d'Amiens, donc d'une chambre de commerce sise à Amiens. Le pouvoir royal désormais acquis à ce projet, les commerçants amiénois allaient-ils enfin avoir un délégué unique et qualifié auprès du Bureau du commerce à Paris pour défendre leurs intérêts jusqu'alors sacrifiés à ceux des autres villes de France ? Hélas le projet Chauvelin portait en lui-même une épine de taille : au lieu de faire supporter les frais d'installation et d'entretien de la chambre par toutes les villes de la province comme l'avaient demandé les négociants, le mémoire du 15 mars 1746 prévoyait que ces frais seraient prélevés sur le seul budget de la ville d'Amiens. Bien entendu l'échevinage s'y opposa. Mis en suspens, le projet prêt d'aboutir, fut reporté ... Chauvelin quitta la région en 1751. Les conséquences d'une initiative privée Un gentilhomme picard, M. de Caumartin, reprit alors l'action à son compte, multipliant les démarches personnelles en faveur de l'établissement d'une chambre de commerce à Amiens. Mais, sans mandat particulier, accusé d'ambition personnelle, rencontrant l'opposition des consuls, M. de Caumartin retarda en fait le projet de plusieurs années.
L'ARRET DU 6 AOUT 1761 Les échecs successifs faisaient désespérer de l'avenir ... mais il restait un intéressé important : le pouvoir royal qui souhait avoir un interlocuteur économique dans cette ville si commerçante. Le contrôleur général des finances Bertin, fit part du souhait royal à Maynon d'Invau, alors intendant de la Généralité d'Amiens, sous réserve que l'initiative soit prise par les négociants... Jean-François Despont, négociant amiénois, fut envoyé à Paris pour effectuer les démarches ... Enfin l'arrêt fut rendu le 6 août 1761, par le Conseil du Roi : la Chambre de Commerce d'Amiens était créée.
Après la première élection qui eut lieu à l'Hôtel de Ville le 20 octobre 1761, la Chambre de Commerce d'Amiens tint sa première séance, Despont étant son premier secrétaire.
Composée uniquement de commerçants, les industriels de l'époque s'estimèrent en droit d'avoir un syndic au sein de la Chambre. La querelle fut vive avec les commerçants qui leur déniaient ce droit. Trudenne, Directeur général du commerce, les intendants successifs et Roland de la Platière, inspecteur des manufactures, arbitrèrent le différend en faveur des fabricants.
PREMIERES ACTIVTES
La nouvelle institution se mit au travail. Favoriser l'essor industriel fut l'un de ses premiers objectifs, mais aussi empêcher les fraudes, surveiller la concurrence, faire baisser les taxes gouvernementales, établir des communications postales rapides, dégager les voies fluviales, revaloriser le port de Saint-Valéry, assurer les débouchés vers les Antilles et la Guinée ... Mais contestée pour son influence dans la ville, elle fut menacée de disparition dès 1790. L'année suivante, l'Assemblée Constituante décréta par la loi du 27 septembre 1791 la disparition de toutes les Chambres de commerce. Pour pallier les difficultés économiques, différents organismes se mirent en place à Amiens : 1793 : "Comité des 21 pour l'encouragement des Arts et de l'Industrie" 1794 : "Bureau de commerce", créé par la Comité de Salut Public Puis le "Conseil d'Argriculture, Arts et Commerce", constitué le 5 Prairial An IX dans le cadre de la réorganisation administrative de Bonaparte. Le 3 nivôse AN XI, un arrêté rétablit des Chambres de commerce dans 22 villes, dont Amiens. LA CCI D'AMIENS AU FIL DES SIECLES ....
Bonaparte vint à Amiens, discuta avec les négociants et visita la port de Saint-Valéry, pour lequel il promit des crédits. Après la chute de l'Empire, le passage de Louis XVIII à Amiens donna lieur à un mémoire sur le triste état des manufactures. Après la révolution de 1830, Louis-Philippe reçut lui aussi la Chambre de commerce qui lui exprima son souhait de paix, pour la reprise économique. La crise commerciale consécutive à la Révolution de 1848 amena la Chambre à envisager l'établissement de magasins généraux, où commerçants et industriels pourraient déposer des marchandises en gage pour obtenir des prêts. Les structures économiques s'organisaient. La deuxième moitié du XIXème siècle vit la montée en puissance de l'activité industrielle. D'impérieux besoins de formation s'ensuivirent : 1861 - création de la Société Industrielle d'Amiens qui eut pour rôle de former de la main d'oeuvre spécialisée. 1870 - la Chambre de commerce intervient dans le domaine du transport des denrées alimentaires. 1898 - la loi du 9 avril fait date dans l'histoire des CCI, c'est elle qui définit et fixe leur statut, jusqu'alors assez flou.
Préoccupée du développement du commerce extérieur la Chambre d'Amiens soutint diverses initiatives ouvrant des dévouchés internationaux :
1903 - réception de parlementaires anglais 1904 - congrès des chambres de commerce italiennes 1910 - congrès des chambres de commerce françaises à l'étranger. 1914 - La Chambre se mobilise pour que la vie économique continue. 1915/1916 - Pour pallier le monque de monnaie divisionnaire la Chambre de Commerce émet des coupures. C'est en 1926 que l'on parle pour la première fois d'un projet de terrain d'atterrissage près d'Amiens. L'Etat, pour des raisons militaires, en financera ultérieurement l'installation. L'exode et l'occupation allemande de 1940 interrompirent toute activité de la Chambre pendant 16 mois.
DEPUIS 1945
Dès sa séance de reprise en 1945, la Chambre de Commerce se battit contre une fiscalité excessive et se pencha sur le projet de création d'une zone industrielle. En 1950, les grandes réalisations commencent : acquisition de terrains, pose de la première pierre de la zone industrielle d'Amiens-Longpré (1953). Les usines s'installent, procurant des emplois. Les besoins en logement sont immenses : 1956 : la CCI crée la Société Anonyme Picarde d'HLM (SAP). Avec le 1% logement, d'importants programmes de construction son lancés. 1962 : la Chambre accorde son appui financier à la Société Industrielle et à l'Ecole Supérieure de Commerce dont elle reprend la gestion et devient l'ESCAE (Ecole Supérieure de Commerce et d'Administration des Entreprises), reconnue par l'Etat. 1971 : création d'Interfor, organisme de formation des CCI de la Somme. le CEL (Centre d'Etude des Langues) ouvrit 10 ans plus tard. 1980 : l'aérodrome Amiens-Glisy est rendu opérationnel. 1981 : La CCI s'installe dans son nouvel Hôtel Consulaire - 6 bd de Belfort 1990 : l'ESCAE change de statut , devient SUP de CO et intègre la Conférence des Grandes Ecoles 1992 : ouverture de l'école d'ingénieurs ESIEE-Amiens 1993 : deux fusions importantes, Interfor avec la Société Industrielle d'Amiens (INTERFOR-SIA) et la SAP avec l'Immobilière Lesueur qui deviennent la SIP (Société Immobilière Picarde). |
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